Modélisation artistique sur l’altiplano bolivien

Transporter une roche d’une dizaine de mètres de haut et plusieurs tonnes sur des milliers de kilomètres, voici le défi proposé par l’artiste Daniel Firman et relevé par L’Avion Jaune.

Armés de drones et capteurs légers, l’équipe s’est rendue avec l’artiste en Bolivie, dans le Nord Lipez, pour sélectionner et numériser des roches sculptées par les vents, situées à près de 4000 m d’altitude. Ces acquisitions photogrammétriques permettront la réalisation d’un modèle numérique en 3D, qui servira de base pour la (re)production « exacte » de l’un de ces « ventifacts ».

Rendez-vous à Bordeaux en 2021 pour en admirer le résultat !

Mission drone au Brésil : suivi du palmier babaçu en bordure de la forêt amazonienne

Au Brésil, en bordure de la forêt amazonienne, dans la communauté d’agriculteurs de Benfica, une équipe de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), de l’Université Fédérale Rurale d’Amazonie (UFRA) et de l’Université Fédérale du Sud et Sud-est du Pará (UNIFESSPA) s’intéresse depuis 10 ans au palmier babaçu.

Cette espèce de palmier est naturellement présente dans la forêt amazonienne. Cependant, si les babaçus sont plutôt dispersés en forêt, ils se développent très rapidement sans l’ombre des autres arbres, et sont donc très répandus dans les pâturages. Les éleveurs sont en attente d’alternatives pour cohabiter avec les babaçus.

Le projet DIAPOS-THR a pour objectif de développer des méthodes de cartographie et télédétection du palmier babaçu à partir d’images satellites, afin de mieux comprendre son développement et sa dynamique. Cependant, diverses espèces de palmiers sont présentes dans les pâturages, et il n’est pas possible de reconnaître spécifiquement le babaçu sur les images satellites à 50 cm de résolution. Les nouvelles méthodes de deep-learning semblent le détecter, mais il est nécessaire de vérifier et valider les modèles.

L’UMR Espace-Dev a ainsi missionné L’Avion Jaune pour recueillir des images drones à haute résolution sur les terres de Benfica. L’équipe de L’Avion Jaune a choisi de travailler en partenariat avec un pilote drone local. Le binôme franco-brésilien, accompagné par les chercheurs, a donc passé une semaine dans la communauté pour cartographier près de 800 hectares de pâturages et de forêt, collectant plus de 8900 images à 4 cm de résolution. Ces données serviront à la production d’orthophotographies et de Modèles Numériques de Surface (MNS) pour valider les méthodes de télédétection développées par les chercheurs.

Ce projet bénéficie du soutien du CNES via le programme national TOSCA.

 

Modélisation 3D de paysages agricoles pré-incaïques en Argentine

La vision que l’on avait des civilisations pré-colombienne a fortement changée depuis que l’on a découvert que la colonisation de ce continent ne s’est pas faite depuis le détroit de Béring, il y a environ 10000 ans. Sur un temps plus long, les peuples de ce continent ont bâti des civilisations très évoluées, des états, des villes, des systèmes agricoles à une échelle qui marque encore les territoires et les paysages.

Depuis 10 ans, L’Avion Jaune participe activement à ces « découvertes » aux côtés d’équipes scientifiques multidisciplinaires, en cartographiant des paysages nouveaux permettant d’approfondir la connaissance de ces civilisations. En mai 2019, ce sont des parcellaires agricoles de l’époque pré-incaïque situés dans la région de Jujuy au nord de l’Argentine qui ont été cartographiés.

Situé à environ 3400m d’altitude, ce système agricole constitué de murs en pierre monumentaux se déroule sur des milliers d’hectares au cœur de la Cordillère des Andes et façonne un paysage spectaculaire. Selon Pablo Cruz, archéologue Argentin de la ville de Jujuy, le volume de pierre du site de Coctaca est supérieur à celui de la pyramide de Khéops. Cette comparaison donne une idée de l’impact visuel et de la capacité d’action des indiens ayant construit ces paysages.

Les données recueillies à la demande du CNRS-CEFE de Montpellier sont des cartographies par drones à 5cm de résolution spatiale, qui donneront accès à des modélisations fines en 2D et 3D, jusqu’ici inexistantes et pouvant répondre aux nombreuses interrogations qui planent encore sur ces vestiges.

 

Photogrammétrie et lidar aéroporté pour la surveillance et la gestion de l’érosion côtière

Une équipe de L’Avion Jaune était en visite de terrain aux côtés du BRGM sur le littoral du Pays Basque. L’objectif est de mettre en place un protocole de suivi diachronique 3D du trait de côte pour les 3 prochaines années.

Des acquisitions LIDAR et photogrammétriques à très haute résolution seront proposées tous les 6 mois dans le but de détecter et suivre des phénomènes de glissements de terrain ou de dégradation de falaises rocheuses instables.

Ces modèles 3D s’intégreront au projet Ezponda (« falaise » en langue basque) porté par la Communauté d’agglomération du Pays Basque. La restitution des détails topographiques au niveau des falaises et du platier rocheux favorisera la connaissance des mécanismes affectant le littoral et la conception d’outils opérationnels pour la prévention des risques.

De magnifiques vols et un travail passionnant en perspective pour l’équipe !

La photogrammétrie au service de la géologie

 

L’Avion Jaune intègre le capteur Phase One iXU 1000 au drone M600 avec son partenaire Positics pour réaliser un modèle 3D d’une carrière en très haute résolution.

Ces acquisitions photogrammétriques permettront au BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) d’étudier le réseau de fractures sur des analogues de réservoirs géothermiques potentiels.

Le modèle de la carrière permettra de reconstituer ce réseau, au-delà des niveaux accessibles à pied, mais également d’obtenir des informations quantitatives sur les roches (mesures, orientations, densité).

Cartographie archéologique à 4000m d’altitude

Commencée en 2016, la cartographie de sites pré-incaïques de la région de Uyuni (Bolivie) s’est poursuivie en 2017. Une mission de cartographie aérienne par drone à aile fixe a été menée sur une dizaine de sites localisés sur les pentes du volcan Tunupa. L’objectif de ces cartographies est la connaissance du fonctionnement d’un système agricole produisant la quinoa. Les données intéressent les chercheurs du CEFE pour des approches anthropologiques et agronomiques.